Aegis Solo 3 : ce que valent vraiment ses 100 watts
Cent watts annoncés sur une box alimentée par un seul accu : le chiffre figure sur toutes les fiches produit de l’Aegis Solo 3, presque jamais suivi de ce qu’il implique côté courant. Entre la version à accu amovible et la version à batterie intégrée, l’écart ne se lit pas sur le châssis. Il se lit dans l’intensité que l’électronique doit tirer de sa source pour tenir la consigne affichée.
Jusqu’où monter en puissance sur une Aegis Solo 3
Le plafond utile ne se situe pas à 100 W mais autour de 85 W, et cette limite ne vient pas de la box : elle vient de l’accu. Le chipset accepte la consigne, l’accumulateur doit ensuite fournir le courant correspondant, et c’est là que la marge se referme.
Dans la pratique, les résistances livrées avec le kit plafonnent elles-mêmes autour de 85 W. Le mode Smart, qui lit la valeur de la pièce montée et propose un réglage, ne vise jamais le haut de l’échelle annoncée par le châssis.
Deux Aegis Solo 3 sous le même nom
Geekvape décline le modèle en deux versions dont l’apparence et les fonctions sont identiques. Seule la source d’énergie change, et ce détail commande tout le reste du comportement.
La première fonctionne avec un accu 18650 non fourni, comme la Solo 2. La seconde embarque une batterie intégrée de 3000 mAh. Les deux montent à 100 W et disposent d’un port USB-C, selon la présentation publiée par Le Petit Vapoteur.
Sur la version à accu amovible, le revendeur recommande de privilégier un chargeur externe plutôt que la prise USB-C pour la recharge courante. Ce n’est pas une préférence de confort, c’est une question de suivi de l’élément.
Un chargeur dédié affiche la tension atteinte et le courant injecté, ce que la box ne montre pas. Il permet aussi de sortir un accu fatigué du circuit sans immobiliser le châssis, alors que la version 3000 mAh impose de remplacer l’ensemble le jour où la capacité s’effondre.
Le reste de la fiche technique est commun aux deux références. Comme les précédentes Aegis Solo, elles revendiquent l’étanchéité et la résistance aux chocs qui ont fait la réputation de la gamme, un indice IP68 relevé par les testeurs d’Arômes et Liquides sur cette génération.
Ce que 100 W réclament réellement à l’accu
Voilà le calcul que les fiches produit ne font jamais, et qui explique pourquoi la consigne maximale reste théorique sur la version 18650. Deux étages de courant se superposent, et ce sont deux valeurs très différentes.
Le courant qui traverse la résistance
À puissance P et résistance R, la tension appliquée vaut la racine carrée de leur produit. Une Z 0,15 ohm réglée à 85 W travaille donc sous 3,57 V, et laisse passer environ 23,8 A.
Ce chiffre concerne la pièce chauffante, pas la source. Il ne dit encore rien de ce que l’accumulateur doit sortir de son côté.
Le courant demandé à la source
Sur une box régulée, l’électronique élève ou abaisse la tension pour atteindre la consigne. Le courant fourni par l’accu s’estime par la puissance divisée par la tension de l’élément, elle même divisée par le rendement du circuit.
Avec un accu à 3,6 V et un rendement de 0,9, une consigne de 85 W demande environ 26 A, et 100 W en réclament près de 31. Or les 18650 vendus en boutique annoncent couramment un courant de décharge continu de 15 à 25 A. Le plafond du châssis dépasse donc la capacité de la plupart des accus qui l’alimentent.
AS Chip 4.0 : six modes et un compteur
L’Aegis Solo 3 est pilotée par le chipset AS Chip 4.0, qui optimise la gestion de puissance pour préserver la capacité disponible. Six modes sont accessibles depuis le menu, avec des rôles nettement distincts.
- Smart : lecture automatique de la valeur en ohms et réglage proposé en conséquence.
- Power : réglage manuel en watts, le mode de référence.
- TC-TCR : contrôle de température, réservé aux fils compatibles.
- Boost : exploitation du potentiel maximal du châssis.
- Eco : bridage volontaire de la consommation.
- Memory : cinq configurations enregistrables et rappelables.
L’écran TFT couleur affiche le niveau de charge, le mode actif, la puissance en watts, la tension en volts, le compteur de bouffées et la valeur de la résistance lue. La couleur du menu est personnalisable. Cinq appuis allument ou éteignent la box, trois appuis ouvrent le menu.
Le verrouillage tactile remplace le bouton dédié
Le bouton de verrouillage physique a disparu du châssis, et ce n’est pas un oubli. Trois capteurs logés sous le revêtement de la poignée détectent la prise en main et déverrouillent la box automatiquement.
Posée dans une poche ou un sac, elle se verrouille seule. La technologie était apparue sur l’Aegis Legend 3 avant d’être reprise ici. Son intérêt est mécanique plutôt que confortable : elle évite les déclenchements à vide qui carbonisent une résistance sans que personne s’en aperçoive.
Les boutons de navigation, eux, sont devenus affleurants sous l’écran au lieu de dépasser du corps de la box.
Le Z Subohm Tank livré avec le kit
Geekvape n’a pas retenu le Z Fli, pourtant plus récent, mais le Z Subohm Tank version 2021 et ses 5,5 ml de contenance, d’après la fiche publiée par Kumulus Vape. Ce choix conditionne les résistances utilisables.
Le clearomiseur reçoit les Z Series, dont les plages publiées encadrent l’usage réel de la box :
- Z 0,15 ohm XM Boost : 70 à 85 W, avec un liquide à 70 % de végétale au moins.
- Z 0,2 ohm XM Boost : 70 à 80 W, même recommandation de base.
- Z 0,25 ohm : 45 à 57 W.
- Z 0,4 ohm XM et XM Boost : 50 à 60 W.
Ces fourchettes recoupent exactement l’analyse d’ampérage précédente. Aucune valeur de la série ne réclame les 100 W du châssis, et la plus gourmande, la 0,15 ohm, s’arrête à 85 W. Le plafond annoncé sur la boîte ne correspond donc à aucun réglage recommandé par le fabricant avec le clearomiseur fourni.
Le taux de végétale demandé mérite aussi d’être lu. Les deux valeurs les plus basses réclament au moins 70 % de végétale, les autres se contentent de 50 %. Un liquide trop fluide sur une 0,15 ohm circule vite mais tient mal la chaleur produite en haut de plage.
Le détail des séries et de leurs compatibilités croisées est traité dans notre guide des résistances Geek Vape par série et par atomiseur.
FAQ
Quelques points qui reviennent une fois le choix de version arrêté, et qui ne relèvent ni des modes ni du calcul de courant.
La version à batterie intégrée se recharge-t-elle pendant l’usage ?
Le port USB-C permet la recharge, mais vaper en charge fait travailler simultanément le circuit de charge et le circuit de décharge. L’usage ponctuel reste possible, l’habitude est déconseillée.
Le mode TC fonctionne-t-il avec les résistances fournies ?
Non. Les Z Series sont en Kanthal, un fil dont la résistance varie trop peu avec la chaleur pour piloter un contrôle de température exploitable.
Peut-on monter un autre clearomiseur sur cette box ?
Oui, via le pas de vis standard, à condition de respecter le diamètre du plateau pour éviter le débord. La plage de puissance de la nouvelle pièce doit rester dans les capacités du châssis.
Le compteur de bouffées peut-il être remis à zéro ?
Il se réinitialise depuis le menu, au même titre que les autres compteurs. C’est un indicateur d’usage, pas une donnée de sécurité.
Que faire si la box n’affiche plus la valeur de la résistance ?
Le contact du plateau est le premier suspect : une trace de liquide séché suffit à interrompre la lecture. Un nettoyage à sec du 510 rétablit l’affichage dans la majorité des cas.
Choisir sa version en fonction de l’accu, pas de l’affichage
Le chiffre de 100 W décrit une capacité de châssis, pas un régime de croisière. Sur une Aegis Solo 3 à accu amovible, la vraie question porte sur le courant de décharge continu de l’élément installé, seul juge de ce qui est tenable. Sur la version 3000 mAh, la contrainte est internalisée par le fabricant, au prix d’une batterie non remplaçable.
C’est la logique qui gouverne tout le matériel régulé : la source décide, l’affichage suit.